ParallĂšlement Ă mon voyage dans la capitale anglaise pour visiter les lieux de tournage de la saison 2 de la sĂ©rie Andor en Juin dernier, j’ai eu l’occasion d’explorer un peu plus la grande banlieue de Londres et j’ai pu profiter de quelques autres lieux de la saga. Deux sites en particulier ont attirĂ© mon attention : Les hangars de Cardington (Cardington Sheds en anglais) et la forĂȘt de Whippendell Wood Ă Watford. Je m’attarderai sur le premier site uniquement dans cet article.
Un lieu chargĂ© d’histoire aux multiples usages…
Situés aux abords de la ville de Bedford (85 000 habitants) à 75 km au nord de Londres, ces deux immenses hangars ont une histoire particuliÚre dans le pays, mais aussi dans la saga.
L’histoire commence vers 1915 lorsque l’entreprise aĂ©ronautique Short Brothers prit un essor considĂ©rable dans la construction d’avions durant la PremiĂšre Guerre Mondiale. Rappel du contexte : Ă cette Ă©poque, l’aviation militaire est encore trĂšs peu dĂ©veloppĂ©e ! Mais l’entreprise va rencontrer le succĂšs et l’intĂ©rĂȘt de l’armĂ©e anglaise grĂące Ă la production de montgolfiĂšres dans un premier temps avant de se rĂ©orienter vers la production d’avions aprĂšs avoir suivi de prĂšs le vol des FrĂšres Wright en 1908. DĂšs lors, Short va ĂȘtre la premiĂšre entreprise au monde Ă produire des avions Ă la chaine et en 1915, l’AmirautĂ© britannique lui demande de construire des ballons dirigeables sur un terrain aux abords de Bedford.
Le Hangar numĂ©ro 1 fut alors construit Ă Cardington, sur 210 mĂštres de long et, grĂące Ă des plans volĂ©s et calquĂ©s sur des modĂšles allemands, les ballons dirigeables R31 et R32 furent fabriquĂ©s en 1918. Le premier fut mis en service une semaine avant l’Armistice mais vite dĂ©mantelĂ© en FĂ©vrier 1919 en raison d’avaries. Le second fut amĂ©liorĂ© mais connut un sort semblable (1919-1920). Les structures et ossatures en bois des dirigeables furent vite remplacĂ©es par l’acier Ă partir de 1920 ce qui leur confĂ©ra une durĂ©e de vie plus longue.

Les hangars furent nationalisés et devinrent les Royal Airship Works en Avril 1919.

En 1924, l’armĂ©e anglaise lança le projet R101, qui deviendra le vĂ©hicule volant le plus grand du monde en 1930 avec 223 mĂštres de longueur ! Il s’agissait d’un ballon dirigeable qui devait relier le Royaume Uni Ă ses colonies et devait supporter de trĂšs longs trajets autour du monde. Pour cela, le hangar de Cardington fut agrandi d’une cinquantaine de mĂštres sur la longueur et d’une dizaine de mĂštres sur la hauteur. Les travaux s’achevĂšrent en 1926. Plus impressionnant encore, un second hangar Ă dirigeables, d’abord Ă©difiĂ© sur la base aĂ©rienne de Pulham St Mary, prĂšs de Norwich, fut dĂ©mantelĂ© et reconstruit Ă l’identique Ă Cardington en 1928 Ă cĂŽtĂ© du premier. Le site Ă©tait dĂ©sormais Ă©quipĂ© de deux immenses hangars jumeaux et parĂ© pour satisfaire l’armĂ©e en devenant un haut-lieu de la construction aĂ©rienne !
Sauf qu’un drame va mettre fin Ă la production de ballons dirigeables en Angleterre ! En effet, le 04 Octobre 1930 au soir, le dirigeable R101 s’envole de l’Angleterre pour Karachi (Indes Britanniques Ă l’Ă©poque et actuel Pakistan) avec Ă son bord 54 personnes dont le Ministre de l’Air et le Directeur de l’Aviation Civile. Vers 02h du matin, le R101 survole la Picardie et rencontre des vents violents qui dĂ©truisent le ballon de gaz situĂ© Ă l’avant de l’appareil. Le dirigeable chute par l’avant Ă faible vitesse mais vient frapper une colline de la commune d’Allonne, Ă proximitĂ© de Beauvais, engendrant une vĂ©ritable boule de feu qui embrase l’aĂ©ronef. Seuls 6 survivants sont retrouvĂ©s, c’est la 3Ăšme plus grosse catastrophe de l’histoire des ballons dirigeables, accident plus meurtrier encore que le retentissant crash du Hindenburg en 1937.


Les hangars de Cardington ne servirent dĂšs lors plus que pour du stockage pour l’aviation jusqu’aux prĂ©mices de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, Ă cette Ă©poque de tensions internationales, la Royal Air Force crĂ©e un dĂ©partement « Balloon Command » dĂšs 1937, chargĂ© de crĂ©er la flottille de ballons devant servir Ă la sĂ©curisation du ciel anglais ! Les ballons de dĂ©fense sans Ă©quipage, servent surtout pour contrer les bombardements et attaques aĂ©riennes et sont installĂ©s trĂšs massivement au dessus de Londres. La plupart d’entre eux seront construits Ă Cardington !


AprĂšs la guerre, les hangars vont ĂȘtre utilisĂ©s pour le stockage et la formation des agents en lien avec les ballons mĂ©tĂ©orologiques jusque la fin des annĂ©es 60. La piste d’aviation va aussi servir Ă des lieux d’examen du code de la route et de tests automobiles, et l’intĂ©rieur des hangar va servir Ă quatre reprises Ă l’organisation de championnats du monde de modĂšles rĂ©duits tĂ©lĂ©commandĂ©s dans les annĂ©es 70-80. Les pompiers vont ouvrir une unitĂ© de recherche sur la gestion des gaz explosifs jusque la fin des annĂ©es 80. Durant les annĂ©es 90, le lieu sert encore de vaste laboratoire expĂ©rimental pour les explosions et incendies (Cardington Fire Tests) oĂč est testĂ©e notamment la rĂ©sistance au feu de plusieurs matĂ©riaux et structures. De nombreuses universitĂ©s prestigieuses du royaume y firent leurs expĂ©rimentations. Ces activitĂ©s diverses se sont dĂ©roulĂ©es sur le site alors mĂȘme qu’une base de l’armĂ©e de l’air est restĂ©e en poste entre 1953 et la fin des annĂ©es 80.

Le dĂ©part de la base aĂ©rienne a attirĂ© de nouveaux usages : la sociĂ©tĂ© Airship Industries a tentĂ© de relancer une activitĂ© de construction de dirigeables dans les annĂ©es 2000 comme moyens de locomotion mais ce fut un Ă©chec…NĂ©anmoins, de nos jours, la sociĂ©tĂ© Hybrid Air Vehicles exploite le site pour le dĂ©veloppement de l’Airlander 10, un des plus gros dirigeables au monde.
Peut-ĂȘtre ĂȘtes vous d’ailleurs dĂ©jĂ tombĂ©s sur cette image surprenante et saugrenue…prise Ă Cardington en 2016 dans des hangars qui ont Ă©tĂ© nettement rĂ©novĂ©s et repeints en vert quelques annĂ©es auparavant ?

Aujourd’hui, le site est devenu un lieu de tournage pour le cinĂ©ma et de grosses productions ont Ă©tĂ© tournĂ©es ici, mais tout ne s’est pas fait du jour au lendemain !
Comme souvent, Star Wars fut prĂ©curseur… !
Car en effet, c’est bien le tout premier film de la saga qui considĂ©ra ce lieu pour autre chose qu’une base de la Royal Air Force… Ătonnement, les Ă©quipes de George Lucas n’ont filmĂ© qu’un seul et unique plan devant le hangar numĂ©ro 1…et ce plan est plutĂŽt raccord avec la rĂ©alitĂ© : il s’agissait de filmer le tarmac d’une base d’aviation…ou plutĂŽt celui de la base des rebelles sur Yavin, devant le temps Massassi !
DĂšs lors, les parallĂšles entre l’histoire du site et l’histoire de la base de Yavin peuvent se dĂ©ployer Ă la louche… : base de l’aviation d’oĂč sont fabriquĂ©s et rĂ©parĂ©s les chasseurs et formĂ©s les pilotes, lieu oĂč l’on fabrique des armes dĂ©fensives contre un bombardement, lieu situĂ© un peu Ă l’Ă©cart des zones urbaines entourĂ© de vert, structure imposante et dĂ©mesurĂ©e pour l’Ă©chelle humaine, etc…les comparaisons ne manqueront pas.
La scÚne a donc été tournée par la seconde unité de tournage, le Mercredi 14 Juillet 1976, avec notamment cette prise de vue :

…et l’image finale du film (version d’aujourd’hui) :

Il convient de prĂ©ciser que beaucoup d’incertitudes planent sur cette photographie : les comĂ©diens qu’on y trouve au second plan sont ils les acteurs originaux ? Pas tous ! Han Solo n’est pas interprĂ©tĂ© ici par Harrison Ford, dont le tournage avait Ă©tĂ© annoncĂ© comme terminĂ© et retournĂ© depuis aux USA… Tout comme les droĂŻdes sur place : Anthony Daniels (C-3PO) et Kenny Baker (R2-D2) Ă©tant retenus aux studios Elstree ce jour-lĂ . D’ailleurs, il semblerait qu’il s’agisse d’un costume dorĂ© de rechange que porte la doublure du comĂ©dien. De mĂȘme, une scĂšne alternative avec les hĂ©ros se dĂ©plaçant sur les speeders a Ă©tĂ© tournĂ©e mais finalement non conservĂ©e au montage (Ann Skinner, chargĂ©e de superviser la continuitĂ© du film, a nĂ©anmoins gardĂ© une sĂ©quence sur polaroĂŻd visible ci-dessous). Enfin, et cela va de soi, on note la diffĂ©rence entre la photo d’origine et celle conservĂ©e pour le montage final : le temple est en rĂ©alitĂ© une peinture sur verre venue se greffer sur la pellicule (procĂ©dĂ© de matte-painting). Quelques amĂ©liorations numĂ©riques sur des dĂ©cors lointains s’ajouteront pour l’Ă©dition spĂ©ciale de 1997 notamment l’ajout d’un speeder fluide entrant dans le hangar sur la gauche de l’image et surtout la devanture du temple totalement retravaillĂ©e avec plus d’envergure.

Cet unique plan tournĂ© Ă Cardington pour l’Episode IV : Un Nouvel Espoir est d’ailleurs trĂšs fortement inspirĂ© d’un dessin de Ralph McQuarrie, gĂ©nial illustrateur de la saga. La premiĂšre version du film avant la retouche de 1997 est d’ailleurs davantage fidĂšle au design initial rendant le temple plus brut et moins dĂ©taillĂ©, McQuarrie Ă©tant Ă©galement l’auteur de la matte-painting utilisĂ©e dans la premiĂšre version du film.


Quant Ă se demander si l’intĂ©rieur de la base rebelle de Yavin avec le hangar des chasseurs X-Wing et Y-Wing a Ă©tĂ© tournĂ© dans les hangars de Cardington, eh bien…non ! MĂȘme s’ils s’y prĂȘtaient surement bien, toutes ces scĂšnes (de mĂȘme que le grand hall cĂ©rĂ©monial de la toute fin du film) ont Ă©tĂ© tournĂ©es dans les studios Shepperton Ă Londres et pas dans notre hangar. De nombreux comĂ©diens figurants ont participĂ© Ă ces scĂšnes mais pas Ă Cardington donc. Rappelons qu’Ă cette Ă©poque, rien n’avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© tournĂ© Ă cet endroit assez Ă©loignĂ© de Londres, et il Ă©tait plus simple et plus logique que les Ă©quipes restent proches de la capitale, dans des vrais studios de cinĂ©ma Ă©quipĂ©s pour cela ! En soi donc, Star Wars est comme prĂ©curseur de la nouvelle fonction de cet hangar… !
L’histoire entre la base de Yavin et les hangars de Cardington aurait pu s’arrĂȘter lĂ …mais le film Rogue One : a Star Wars Story, tournĂ© 40 annĂ©es plus tard, va tout changer !
Un renouveau que l’on doit en grande partie Ă Christopher Nolan !
Aucun autre film n’a Ă©tĂ© tournĂ© depuis Star Wars en 1976 aux Cardington Sheds jusqu’au milieu des annĂ©es 2000 oĂč deux Ćuvres ont Ă©tĂ© filmĂ©es ponctuellement sur place : un documentaire allemand de Werner Herzog (le « client » dans The Mandalorian saison 1 au passage) intitulĂ© The White Diamond (2004) et qui retrace le travail d’un ingĂ©nieur aĂ©ronautique qui a conçu un ballon dirigeable, et le film Sky Captain and the World of Tomorrow (avec Jude Law et Gwyneth Paltrow) sorti la mĂȘme annĂ©e avec seulement quelques scĂšnes d’aviation filmĂ©es et qui fut un Ă©chec commercial bien que considĂ©rĂ© parfois comme film culte pour son Ă©poque. Pour autant, c’est davantage la thĂ©matique aĂ©rienne du site qui a Ă©tĂ© recherchĂ©e que l’idĂ©e mĂȘme d’exploiter les vastes hangars.
Tout va changer lorsque le rĂ©alisateur Christopher Nolan va dĂ©cider d’y tourner et construire une partie du Gotham City de Batman Begins en 2005 ! Pour la premiĂšre fois, c’est l’intĂ©rieur mĂȘme du site qui sera exploitĂ© et tout le hangar numĂ©ro 2 fraichement rĂ©novĂ© (pour ĂȘtre louĂ© Ă la Warner) accueillera ce nouvel environnement chaotique. Les dĂ©cors de pans entiers de la ville y seront construits, notamment le fameux asile d’Arkham.



Nolan aimera tellement travailler ici qu’il y tournera des scĂšnes de Inception et les deux autres films de sa trilogie Batman.
C’est ensuite une autre grosse franchise qui viendra utiliser les hangars puisque David Yates viendra shooter plusieurs scĂšnes du second film de Harry Potter et les Reliques de la Mort, ainsi que son spin-off Les Animaux Fantastiques. Il y reviendra pour venir tourner la LĂ©gende de Tarzan.
Batman…Harry Potter…puis Star Wars ! Le premier spin-off de la saga, Rogue One, en la personne de son rĂ©alisateur Gareth Edwards, choisira les hangars de Cardington dans un but bien prĂ©cis ! Car situĂ© chronologiquement juste avant la Bataille de Yavin, le film Ă©voque trĂšs largement la base des rebelles.

C’est donc Ă la fois un hommage que vient apporter Edwards en revenant lĂ oĂč les Ă©quipes de Lucas Ă©taient venus quatre dĂ©cennies auparavant pour venir filmer l’extĂ©rieur de la base, mais c’est bien plus encore car le scĂ©nariste britannique va dĂ©cider d’approfondir le lieu en filmant Ă l’intĂ©rieur du hangar numĂ©ro 2 et y installer le QG des rebelles. Les plans montrant le hangar avec les chasseurs X-Wing et toutes les scĂšnes s’y dĂ©roulant (la prĂ©paration des pilotes, les scĂšnes sur le tarmac, le clin dâĆil avec C-3PO et R2-D2, les dĂ©parts pour Eadu et Scarif, et mĂȘme plusieurs scĂšnes finalement coupĂ©es au montage – on sait Ă quel point ce film fut retouchĂ© – ) ont toutes Ă©tĂ© tournĂ©es aux Cardington Sheds ! Seules les scĂšnes d’interrogatoires, du briefing, de la salle d’Ă©coute des techniciens ont Ă©tĂ© tournĂ©es en studio.




Le tournage s’est dĂ©roulĂ© en AoĂ»t 2015 et a mobilisĂ© plusieurs figurants dont de nombreux militaires de la RAF qui connaissaient bien le lieu mais surtout la pratique militaire. La façade du hangar a Ă©tĂ© habillĂ©e de camouflage pour lui donner l’apparence de Yavin aperçue dans le premier film.
Par la suite, d’autres tournages de grosses productions aux rĂ©alisateurs reconnus (dont Robert Zemeckis, Zack Snyder, Andy Serkis, Tim Burton,…) mobiliseront le hangar numĂ©ro 2 de Cardington…et un certain JJ Abrams y viendra mĂȘme y conclure la saga Star Wars dans une grande scĂšne toute en longueur de L’Ascension de Skywalker !
âQuand le foin manque au rĂątelier, les chevaux se battent !â
Allez, je vais essayer d’ĂȘtre sympa avec la scĂšne en question, lâĂ©pisode IX n’Ă©tant pas mon Star Wars prĂ©fĂ©rĂ©. Cette scĂšne se dĂ©roule dans le dernier quart du film durant la bataille finale sur la planĂšte Exegol. DĂ©criĂ©e dĂšs la mise en ligne du trailer final, elle comporte une charge de « chevaux » des rĂ©sistants sur le flanc d’un destroyer du Dernier Ordre, rĂ©-interrogeant au passage les lois de la physique (avant qu’on ne comprenne que le vaisseau en question n’est pas si haut dans l’espace que cela…). LĂ oĂč la critique devient difficile, c’est quand il faut reconnaitre le travail fou des techniciens qui ont construit un dĂ©cor immense tout en longueur pour filmer les cavaliers sur le vaisseau : le soucis des dĂ©tails est colossal tout comme le travail sur les effets pyrotechniques et les cascades qui incluent les montures. Ce chapitre du tournage est d’ailleurs expliquĂ© dans le reportage making-of du film (disponible sur Disney+).




Un des artistes conceptuels du film, Phil Saunders, avait expliquĂ© sur le site Arstation la difficultĂ© de construire un tel plateau qui devait ĂȘtre totalement plat (pour la sĂ©curitĂ© des animaux) avec tous ces dĂ©tails d’une part mais en incluant aussi l’idĂ©e que les ponts des vaisseaux Destroyers sont lĂ©gĂšrement inclinĂ©s Ă l’Ă©cran. Voici un concept-art de 2017 et son insertion virtuelle dans les hangars de Cardington.


Et pour finir sur cette scĂšne qui a aussi beaucoup fait penser au jeu vidĂ©o Star Wars Battlefront, sachez qu’il existe une Ă©preuve du jeu Star Wars LĂ©go La Saga Skywalker qui se propose de revenir sur cette sĂ©quence ! Voila ce que l’on pouvait dire sur le tournage de L’Ascension de Skywalker Ă Cardington : de gros moyens ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s et cette fois-ci, l’intĂ©gralitĂ© du hangar fut utilisĂ© !
Fin 2019, nous arrivons donc Ă un total de 3 films Star Wars avec 2 environnements diffĂ©rents : majoritairement Yavin et le pont d’un Star Destroyer sur Exegol…
La question se pose alors de l’utilisation des Cardington Sheds et de l’environnement de Yavin pour la saison 2 de Andor, sĂ©rie adepte des dĂ©cors rĂ©els, massivement tournĂ©e autour de Londres et qui revient sur la construction progressive de l’Alliance Rebelle juste avant le film Rogue One. La crĂ©ation mĂȘme de la base est l’un des enjeux de l’intrigue de la seconde saison (2025).
Eh bien Ă©tonnement, non, tous les plans extĂ©rieurs de la base de Yavin ont Ă©tĂ© tournĂ©s ailleurs, et plus prĂ©cisĂ©ment aux Longcross Studios et son set extĂ©rieur Ă Chobham Common, Ă l’ouest de la capitale anglaise. L’explication pourrait se trouver dans le fait qu’Ă©normĂ©ment de scĂšnes se dĂ©roulant sur la planĂšte verte ont Ă©tĂ© tournĂ©es dans des zones boisĂ©es (dĂšs le premier Ă©pisode) et beaucoup sur la piste d’envol de la base, voire mĂȘme dans le logement qu’occupe Bix et Cassian au cĆur de la forĂȘt. Peu de plans dans le hangar finalement, et ces derniers ont Ă©tĂ© tournĂ©s aux studios Pinewood. De fait, il semblerait qu’aucune utilisation des hangars de Cardington n’ait eu lieu pour la sĂ©rie Andor.
Quelques infos si vous vous rendez sur place…
J’invite les voyageurs depuis Londres Ă utiliser le train jusque Bedford (un train toutes les 30 minutes, le trajet dure 40 minutes environ, c’est direct et ça coute Ă peu prĂšs 20 ÂŁ l’aller tout de mĂȘme, le train Ă©tant cher au Royaume Uni). Le centre-ville assez dynamique mais pas trĂšs grand est Ă proximitĂ© de la gare, mais pour vous rendre sur les hangars de Cardington, le bus est possible mĂȘme si sa frĂ©quence de passage est faible. Pour ma part, j’ai empruntĂ© un uber/taxi. Attention sur place il n’y aura rien pour vous poser ni mĂȘme de restauration ou commerce, les hangars sont construits Ă l’Ă©cart de la ville et un immense lotissement a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© Ă proximitĂ© de ce lieu dĂ©sormais identifiĂ© comme les Cardington Studios ! Des Ă©missions de TV y sont d’ailleurs tournĂ©es de temps en temps (Squid Game : le dĂ©fi, derniĂšrement diffusĂ© sur Netflix). Pour le retour en ville, l’appli uber peut ĂȘtre non disponible / non desservie. De fait, soit il y a l’option bus, soit…la marche. En une heure, vous serez de retour dans le centre-ville de Bedford. Autant le dire, ce n’est pas le lieu le plus accessible de la galaxie quand on est sur place !
L’intĂ©rieur n’est pas visitable mais vous pouvez vous approcher au plus prĂšs de la façade du hangar numĂ©ro 1, le hangar numĂ©ro 2 Ă©tait gardiennĂ© le jour de mon passage en juin 2025 car des tests incendie Ă©taient en cours (d’ailleurs un camion de pompiers est passĂ© au moment oĂč j’y Ă©tais).
Mon impression : ces hangars sont visibles depuis le lointain (mĂȘme depuis le train !), mais c’est encore plus impressionnant quand vous ĂȘtes aux pieds de ces deux monstres de ferraille ! Plus impressionnant encore, le contraste entre le lotissement construit Ă proximitĂ© et tout autour des hangars (des activitĂ©s Ă©conomiques sont annoncĂ©es dans ce nouveau quartier) Ă l’architecture pavillonnaire anglaise, et ce cĂŽtĂ© brut et vert que vient apporter l’imposante structure dans le paysage. C’est Ă voir…mĂȘme s’il n’y a pas grand chose Ă voir…mais les structures Ă©normes de ce type directement liĂ©es Ă l’histoire de guerre sont aussi lĂ pour nous rappeler que les conflits, c’est mieux dans l’espace et au cinĂ©ma qu’en vrai…Dans tous les cas, les Cardington Sheds auront au moins rĂ©ussi une reconversion typiquement britannique : utiliser les grandes surfaces des bĂątiments industriels en friche, pour en faire des studios de cinĂ©ma ! Mieux encore, un morceau de ville se construit tout autour, faisant des hangars une nouvelle centralitĂ© !
Et si finalement, on ne devait pas un peu de cette transformation urbaine au fait qu’un jeune rĂ©alisateur californien ait dĂ©cidĂ© de venir filmer un seul plan ici il y a 40 ans ?





Vous pouvez retrouver les Cardington Sheds sur la carte des lieux de tournage en cliquant ici !












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